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La carrière Saint-Victor

 

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La question que l'on se posait il y a un siècle et demi :
la carrière Saint-Victor risque-t-elle de s'effondrer ?


Le 30 avril 1851, le Sous-préfet de Compiègne adresse une requête au Préfet de l'Oise indiquant :


« Qu'il y a à Autrêches une carrière qui présente de très grands dangers : c'est la carrière St-Victor. Les piliers de soutènement sont coupés et le ciel n'est soutenu que par des morceaux de bois... Veuillez, en conséquence, Monsieur le Préfet, prendre les mesures pour éviter à Autrêches l'accident qui est arrivé récemment à la carrière de Baboeuf. »

De toute évidence, la carrière Saint Victor paraît prête à s'effondrer en ce beau milieu du XIXème siècle, que le Maire d'Autrêches, lui même, prend l'arrêté suivant :
« Considérant que cette carrière présente de grands dangers par l'enlèvement des piliers de soutènement qui y existaient et par la faiblesse de son ciel et décide que la carrière Saint-Victor est formellement interdite et qu'aucun travail ne pourra désormais y être exécuté. »

Conséquence de l'arrêté municipal : cinq ouvriers dont deux pères de famille se retrouvent sans ouvrage et une bonne trentaine de maçons sans matière première.

C'est alors que la solidarité villageoise entre en jeu. Le 5 du même mois, les Autrêchois signent une pétition :



« Nous soussignés habitants d'Autrêches, attestons que la carrière Saint-Victor ne menace nullement ruine. Que jamais aucun sujet de plainte ne s'est élevé dans la commune à ce propos. Certifions à Monsieur le Préfet et à toutes autorités supérieures qu'il n'y a pas lieu d'interdire l'usage de la carrière. Les soussignés observent encore que cette même carrière est ouverte depuis un temps immémorial.» (Parmi les signataires, nombre de noms sont encore aujourd'hui représentés à Autrêches ou dans la région, comme on peut le voir en examinant les signatures ci-contre) .

Pris entre deux feux, le Maire contresigne la pétition mais demande au Sous-préfet d'envoyer le plus tôt possible l'Ingénieur des Mines afin de décider si l'exploitation de la carrière est réellement dangereuse.

Rapport de l'Ingénieur des Mines. : « Par sa lettre du 3 mai courant, Monsieur le Préfet de l'Oise demandait que la carrière Saint-Victor fut visitée d'urgence à cause du mauvais état dans laquelle elle se trouvait et que les moyens de prévenir les accidents lui fussent proposés sans. retard »
« Je me suis rendu à Autrêches le 15 courant et j'ai visité les travaux souterrains avec Monsieur le Maire et les exploitants. Rien, après une visite minutieuse, ne m'a paru justifier les plaintes qui avaient été adressées à monsieur le Préfet sur le mauvais état de la carrière Saint-Victor . La partie qui est à l'Ouest est exploitée par Monsieur Fontaine, et celle qui est à l'Est par divers habitants de la commune qui viennent y travailler l'hiver »
« Monsieur Fontaine est le seul qui ait une. exploitation suivie. C'est contre lui spécialement qu'étaient sans doute dirigées les plaintes, car il est le seul qui fasse travailler toute l'année à la carrière et il emploie trois ou quatre ouvriers étrangers qui, m'a-t-on dit, ont commis quelques désordres et qu'on voudrait, à ce que prétend Monsieur Fontaine, expulser en faisant fermer la. carrière. L'exploitation de la carrière Saint-Victor paraît dans des conditions de sécurité convenables et comme cette exploitation donne l'hiver de l'ouvrage aux habitants de la commune, je suis d'avis qu'il y a lieu d'autoriser la continuation des travaux.»
Tout s'explique. La dangerosité de la carrière n'était en fait, qu'un prétexte avancé par quelques habitants mécontents de l'emploi de méthodes d'exploitation modernes par Fontaine et parce que celui-ci avait engagé des carriers étrangers à la commune.
En obtenant dans un premier temps la fermeture, ils avaient oublié que cette même carrière Saint-Victor faisait travailler quelques carriers locaux extrayant la pierre d'une manière traditionnelle essentiellement l'hiver. L'affaire se retourne donc contre eux.
Tel est pris qui croyait prendre. La carrière est finalement rouverte au vu du rapport de l'Ingénieur des Mines jugeant la sécurité suffisante.
(Anecdote : Une douzaine d'années plus tard, les carriers se mirent en grève. Parmi eux, Pierre Victor Lombard. A l'époque, la grève revêtait un caractère illégal, à tel point que le pauvre Pierre Victor Lombard fut pour cela arrêté par les autorités le jour même de son mariage ! A méditer... )
Cependant, trente ans après, la carrière s'écroula pour de bon.... Comme l'effondrement se produisit la nuit, il n'y eut heureusement pas de victime.

 
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Dernière mise à jour le 27 mai 2011.